Bienvenue à l'écomusée de Hearst et de la région.
Histoire de la maison
La maison qui héberge aujourd'hui l'écomusée de Hearst est une des plus anciennes de la communauté et a été offerte par la ville de Hearst. Les premiers propriétaires furent Adélard et Hélène Blais qui habitaient antérieurement au presbytère suite à la demande de Joseph Hallé, frère d'Hélène. En effet, suite à leur arrivée dans la région en 1919, ils construirent cette maison sur des blocs et y élevèrent leurs 5 enfants, soit Marie-Berthe, Thérèse, Raymonde et Aurélien ainsi que leur fille adoptive Cécile (Camiré) Lacroix. Dès septembre 1920, les sœurs de Notre Dame du Perpétuel Secours y emménagèrent et débutèrent l'enseignement à une vingtaine de jeunes filles et garçons en attendant qu'Adélard complète la construction du couvent St-Joseph, à la suite de l'édification du presbytère et de l'Église. Les jeunes filles étaient pensionnaires à la maison alors que les jeunes garçons étaient pensionnaires à l'évêché. Ainsi, la maison fut le premier couvent à abriter les Sœurs du Perpétuel Secours. À travers les années, Adélard Blais fut l'un des fondateurs de la Caisse Populaire de Hearst ainsi que président de la ligue du sacré-cœur et président du cercle Lacordaire (AA). M. Adélard Blais, décédé en 1964, est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus grands contracteurs de l'époque. Bien qu'en 1945, une rallonge fut ajoutée à sa résidence principale, les fenêtres demeurent aujourd'hui les mêmes qu'en 1919, lors de sa construction originale.
Écomusée
Selon Marie Lebel, présidente du comité Ad hoc, l'écomusée de Hearst est un organisme à but non lucratif qui cherche à favoriser la naissance et le maintient d'une identité régionale, franco-nord-ontarienne pour la plupart d'entre-nous, à travers le support et la participation de la population. On qualifie ce petit musée de musée écomuséal à cause des innombrables éléments historiques, culturels et naturels de son territoire qu'il nous permet de découvrir à travers notre petite patrie. En effet, il permet aux gens de s'exposer et de s'exprimer, à la fois sur leur passé et leur présent, tout en explorant leur avenir. Il dévoile à la communauté ses origines et son histoire et confirme et soutient son identité franco-nord-ontarienne. À travers l'écomusée, les citoyens et divers touristes découvrent le patrimoine de la communauté et ses acteurs principaux en explorant trois grandes dimensions communautaires; la dimension de la religion, plus communément catholique, la dimension de la francophonie et sa spécifité ''petite patrie'' ainsi que la dimension de l'industrie forestière, le principal moteur économique de la région. Ces dimensions sont les trois éléments sur lesquels se fonde l'écomusée de notre ville. De plus, selon Hugues de Varine, le préfixe éco se réfère à une notion d'écologie humaine, c'est-à-dire à la relation dynamique entre l'homme, son environnement et ses traditions. L'Écomusée de Hearst tente d'approfondir cette interaction entre l'homme et son milieu et permet aux générations montantes de mieux connaître leur présent et davantage appréhender leur futur.
Histoire de la région
L'exposition présentée à l'écomusée de Hearst illustre le quotidien tel qu'il était à Hearst au tout début du développement de la région, soit de 1922 à 1947.
Hearst, auparavant connue sous le nom de Grant mais renommé en l'honneur de William H. Hearst, Ministère des ''Lands, Forests and Mines'' du gouvernement ontarien, pris naissance lors de la construction de la ligne ferroviaire qui s'étendait de Winnipeg à Moncton, soit la ''National Transcontinental Railway''. Dès lors, quelques pionniers étaient déjà installés dans la région mais c'est le chemin de fer qui jouait le rôle crucial dans l'épanouissement et l'expansion de la ville et Hearst en était économiquement dépendant. Dès 1914, Hearst devenu ainsi le terminus nord de l'Algoma Central et de Hudson Bay Railway Division jusqu'au jour ou la Transcontinentale abandonna cette ligne en faveur d'une nouvelle route passant par North Bay.
À la suite de la première vague de migration, le 22 août 1922, alors que la ville comptait déjà 573 habitants, Hearst reçut sa charte de ville. Cette même année, le premier maire de la ville, soit Augustin McManus, fut élu. Lors de cette première vague de migration, les gens provenaient majoritairement du Québec, aguichés par le grand nombre de terres disponibles dans le Nord ontarien. La deuxième vague de migration eut lieu en 1930, alors que la crise économique faisait ravage à travers tout le pays. En effet, les gens quittaient leur région natale afin de venir s'installer dans le Nord ontarien en espérant trouver des moyens de subsister dans ce coin de pays. Ensuite, lors de la troisième vague de migration, en 1945, la population augmenta de 71% en l'espace de 12 mois. Encore une fois, les gens quittaient leur terre pour venir s'installer à Hearst. Finalement, la plus récente période de migration de la région date de 1963 à1969. Il s'agit d'une très forte augmentation démographique puisque la population passa de 2497 à 3385 citoyens. Ces périodes migratoires eurent un grand impact sur la langue de la région. En effet, alors que l'anglais était d'abord la langue la plus parlée, ces périodes amenèrent plusieurs canadiens français dans la région. Aujourd'hui, le français demeure toujours la langue maternelle de la majorité de la population de Hearst, soit 85% de celle-ci.
Au tout début de l'histoire de Hearst, avant 1921, la ville ne comptait qu'un seul moulin, propriété de M. Simmons. Ce dernier était le seul employé du moulin et coupait du bois pour les quelques habitants de la ville. Ce moulin fût, plus tard, vendu à M. Huard. Peu après, en 1921, un deuxième moulin fut instauré à Wyborn. La coupe de bois et l'agriculture sont vite devenues les principales sources de revenus des habitants de Hearst. Encore aujourd'hui, l'industrie forestière joue un rôle clef dans la prospérité de l'économie de Hearst. La ville de Hearst est d'ailleurs considérée comme première en rang d'importance dans le domaine de la production de bois de construction en Ontario.
L'agriculture s'agissait également d'un aspect important de la région puisque cette dernière contribuait aussi au développement et à l'économie de la ville de Hearst. D'ailleurs, plusieurs personnes emménageaient dans la région afin de cultiver la terre et leur geste était grandement encouragé par le gouvernement provincial et l'association des colons. Ceci explique pourquoi, dès 1924, une ferme de démonstration fut construite à Hearst dans le but de conseiller les cultivateurs. Des cours d'agriculture traitant de la coopération en général, des cultures les plus appropriées ainsi que de l'élevage du bétail y étaient offerts.
Finalement, en 1947, la Coopérative agricole fût mise sur pied. Cette Coopérative supportait les cultivateurs qui ne possédaient pas suffisamment d'outils aratoires et de grains afin d'améliorer le rendement agricole dans la région.
La première église à Hearst fut une église anglicane datant de 1915. L'Église catholique Notre Dame de l'Assomption fut, quant à elle, érigée en 1919 par Adélard Blais. Le premier curé d'office était d'ailleurs le Rév. Edmond Pelletier. En cette même année, Mgr. Joseph Hallé fut nommé Préfet Apostolique et reçut plus tard le titre d'Évêque de Pétrie et Vicaire Apostolique de l'Ontario-Nord jusqu'en 1938, lorsque le diocèse fut mis sur pied. Le premier évêque du diocèse devint Mgr Charbonneau. Malheureusement, cette église fut détruite par le feu en 1951. On célébrait alors la messe dans la salle paroissiale convertie en église. La cathédrale actuelle ne fût que construite en 1969.
En ce qui concerne l'éducation, la première école, soit le S. S. number One Casgrain and Kendal, était installée dans une maison privée et offrait l'éducation au niveau primaire à une dizaine d'enfants. Par contre, ce n'est qu'en 1916 que la première véritable école publique ouvrit ses portes. Elle prit d'ailleurs le nom de Hearst Public School et est aujourd'hui connue sous le nom de Clayton Brown Public School. Les Sœurs du Perpétuel secours, quant à elles, arrivèrent à Hearst à la demande de Mgr. Hallé dans le but de s'occuper de l'éducation des enfants catholiques français. Ce fût Sr St Pierre et Sr Colombe qui accueillirent les enfants dans leur provisoire en 1920. Par contre, un mois plus tard, elles déménagèrent dans la maison d'Adélard Blais puisqu'elle s'avérait beaucoup plus confortable que leur camp en bois rond. Ce qu'elles ne savaient pas, c'est que quelque chose d'encore mieux les attendait. En effet, à la suite d'une visite du Ministère de l'Éducation au couvent, la province accorda un octroi de 8000$ pour la construction d''une école catholique française. Ainsi, en 1930, une école séparée, l'école St-Thérèse, fut construite.
Un événement marquant à travers les années que l'écomusée désire représenter s'agit évidemment de la terrible crise économique.é En effet, dès 1929, l'argent perdit toute sa valeur, ce qui entraîna un arrêt dans la production industrielle. Ainsi, la main-d'œuvre n'était plus nécessaire. Cette crise économique a grandement affecté les gens de la région de Hearst.